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Montre à gousset ouverte

Article de Cedric A.

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Le temps long de la création

Publié le 20/06/2019
/web-design

Au parcours de ce blog, on se rend vite compte d’une production d’articles pour le moins dispersée. Des fois 15 jours, des fois 2 mois (comme maintenant, oui je sais). Il y a une raison à cela. Enfin plusieurs raisons en fait. La première (et la principale) c’est le travail et le temps qu’il prend. Oui c’est aussi une excuse pour n’avoir pas publié depuis le mois d’avril.

Toute production humaine prend du temps, le web design et la création graphique également. Une évidence ? Pas tant que ça quand on entend à longueur de journée des partenaires vous dire que ”oh il suffit de” ou encore le célèbre ”tu pourrais juste changer ça”.

Une création visuelle globale implique une étude approfondie du contexte.

Là encore on semble parler d’évidence. Oui il faut étudier, en plus de l’entreprise du client et de sa demande spécifique, le secteur d’activité et sa représentation locale, nationale et même parfois internationale.

Se forger une connaissance du secteur existant, avoir une vision large de ce qui se fait (et ce qui ne se fait plus), son évolution dans le temps (il faut parfois remonter 10-20 ans en arrière) et ce qui est prévu dans le futur.

Il faut également pouvoir dialoguer avec le client et donc comprendre le langage spécifique et les références culturelles propres à sa profession. Ces secteurs d’activités pouvant nous être à la base totalement étrangers il conviendra alors d’appréhender a minima ce dont il est question. Il s’agit donc de comprendre ce qui se fait, mais également comment ce qui est fait est perçu par le public ciblé.

Tout ce travail en amont, indispensable pour proposer un travail original, demande une importante phase de recherche mais aussi d’imprégnation.

Et n’imaginez pas pouvoir vous en passer parce que ”vous connaissez bien le secteur” ou encore qu’il ”fait partie de votre niche”. Certes vous irez un peu plus vite mais les attentes spécifiques du client vous demanderont de toute façon de travailler une approche qui lui correspond.

Ne pas plaquer des formules toutes faites.

La tentation serait grande d’aller voir ce que font les collègues, ou ce qu’on a nous même réalisé précédement, et de faire la même chose ou presque. Le client n’y verrait que du feu (après tout il est dans une ”bulle référentielle” et voir ce qu’il connait déjà le rassure dans 80% des cas), on gagnerait un temps précieux et on se fatiguerait moins, y compris à convaincre le client d’aller dans une direction alternative.

Oui on pourrait…

On pourrait aussi se dire qu’on a une éthique, qu’on aime notre travail et que proposer le énième même visuel à la énième entreprise ne nous satisferait pas vraiment et qu’on veut proposer quelque chose d’original (autant que faire se peut) et pérenne dans le temps (donc qui ne tape pas obligatoirement dans la mode du moment).

La création proprement dite.

Arrive alors la phase créative après avoir fait mûrir toutes ces données. Là ça dépend de chacun. Certains peuvent créer rapidement (puisqu’ils ont synthétisé tout le travail effectué en amont), d’autres vont prendre plus de temps (avec des aller-retour constants sur ce qui a été effectué avant). Et surtout certains secteurs d’activités, certaines demandes, vont être plus inspirantes que d’autres. C’est humain et c’est important de conserver cette part de subjectivité. La création va donc prendre un temps variable, respectable et il ne servira à rien de ”presser un peu le mouvement”.

Toujours vérifier.

Vous avez enfin une brillante idée pour l’image globale de l’entreprise, c’est beau, ça en jette et on est pile poil dans la cible. Parfait. Maintenant retournez faire un tour d’horizon pour vérifier que ça n’existe pas déjà. En effet l’esprit humain est ainsi fait, il s’imprègne de ce qui l’entoure pour se créer ses propres représentations, et l’idée qui vient de vous frapper n’est peut-être pas aussi originale que prévue.

Rassurez-vous, vous ne pourrez pas être totalement original dans votre approche et oui bien sûr ce que vous proposerez ne sera pas forcément du ”jamais vu”. De toute façon, si c’est trop original votre client le refusera probablement.

La subtile balance entre originalité et classicisme.

Là encore tout dépendra du contexte et du client. Si vous travaillez pour l’image d’une boulangerie, vous aurez du mal à leur vendre un concept de croissants en forme de parpaing et couleur béton (à moins de tomber sur un client particulièrement joueur).

Par contre si vous proposez à une entreprise créant des produits pour le corps de les présenter sous forme de gâteaux et autres gourmandises, vous risquez de faire mouche ! Bien sûr ça a déjà été fait, avec le succès que l’on sait : LUSH.

Conclusion

Comme on vient de le voir, l’acte de création est un processus long, très long. Et encore nous n’avons même pas évoqué les retours clients, les changements de dernière minute, les idées du client lui-même (”on m’a dit qu’en Comic Sans MS ça serait plus lisible”) et tous ces imprévus qui rajoutent encore des aller-retour, des retouches et donc du temps.

Alors quand un de vos client vous demandera ”je voudrais un petit logo tout simple, un truc vite fait” vous pourrez toujours lui expliquer pourquoi ce n’est pas ”si simple” et l’inciter à lire cet article.

Cedric A.