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oeuf à la coque et masse en bois

Article de Cedric C.

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Du brutalisme en art & en web design

Publié le 10/12/2018
/web-design

A la base le brutalisme est un design principalement architectural apparu après la deuxième guerre mondiale. Il est caractérisé par l’emploi de matériaux bruts (d’où le nom) et des constructions sans fioriture. L’idée était avant tout utilitaire : il s’agissait de reconstruire rapidement et facilement une Europe ravagée par la guerre.

Pour l’art

Il a existé tout au long du XXe siècle des « expressions » artistiques que l’on peut ranger dans la case « brutaliste » (en poussant parfois un peu pour faire de la place). Ainsi les expériences qui ont accompagné la musique concrète depuis les années 50, l’ Arte Povera des années 60, la vague « industrial music » des années 90, peuvent être considérées comme des extensions de cet art brutal.

Il était donc normal que cette nouvelle plateforme d’expression artistique qu’est le web s’en empare à son tour. C’est ainsi que depuis peu de temps on peut découvrir de plus en plus de sites qui répondent, chacun à leur manière et au travers de design « brutaux », à l’uniformisation et au polissage dramatique du web que l’on observe tristement depuis l’émergence du 2.0.

Pour le web

Comme on peut le constater en allant visiter ce site -> Brutalist Web Sites, le brutalisme n’est qu’une étiquette qui regroupe un changement de paradigme dans son approche de ce que doit être un site web, et la volonté de dépasser la simple fonction utilitaire de ce dernier.

Le site devient une forme artistique à part entière. Il n’a plus seulement une fonction utilitaire (sublime paradoxe si on repense aux origines du brutalisme), ni même une fonction de présentation (avec ses règles et ses contraintes, imposées entre autres par l’UX-design, et qui ont conduit les sites à tous se ressembler) ou de support d’un propos, mais il devient le propos et accompagne, voire même précède, ce qu’il véhicule.

Du plus épuré mais complexe comme ici -> James Pants au plus « arrache rétine » et simple comme là -> Mode Selektor en passant par des phases délirantes comme là -> Project 9. Il y en a pour tous les goûts et toutes les expressions.

Une autre forme d’expression

Le brutalisme en web design permet donc, comme le blues et le rock pour la musique (et avec tous les dérivés qu’on leur a connu), de s’affranchir et de dépasser des règles qui sont devenues, au fil du temps rapide du net, un carcan.

Puisqu’on parle de la rapidité des avancées technologiques, il est important que préciser que c’est parce qu’elles ont fait un bond spectaculaire ces dernières années que cette tendance a pu se mettre en place et donner à voir des sites brutaux mais esthétiques, et pas juste des sites moches et mal fichus (ou alors volontairement, ce qui fait toute la différence).

Web-Punk ?

Je tourne autour depuis le début de l’article, et peut-être tournez-vous également avec moi, mais ce web design brutal fait bien sûr penser à toute la musique post-68 et principalement au mouvement punk. Que ce soit dans sa liberté totale, ses directions multiples, sa volonté de casser les règles ou au contraire de les moquer en les respectants au pied de la lettre, les sites brutaux sont un fourmillement d’inventivité et de créativité.

Il nous appartient maintenant de faire en sorte que cette expression perdure et évolue et surtout qu’elle ne devienne pas à son tour, comme le punk l’a connu, une simple source d’inspiration creuse et vide pour défilé de mode branché.

Cedric C.